Aziraphal arrive en ville par la porte Sud. Et là, est surpris, presque déçu quelque part.
Aziraphal est plus coutumier des arrivées théâtrales par la voie des airs, après quoi sa présence est rapidement remarquée et se propage de gens en gens via des cris d'étonnement pas si divers et variés que ça finalement. Il ne lui reste plus qu'a se frayer passage (en vérité, les gens s'écartent tout naturellement de son chemin). Il y a toujours un bagarreur -parfois un garde- un peu trop zélé, qui le défie pour un motif qu'il n'écoute même plus. Il le zigouille sans formalité, puis adresse une prière-aux-âmes-tombés dans la tradition du prêtre immanquablement présent dans l'assemblée.
Sa réputation faite, les gens ne lui posent plus de problème, il n'a plus à répéter les mêmes explications, il n'a plus à officié de mariage a chaque coin de rue, il a le droit à une entrevue express avec le gouverneur local, le maire ou n'importe quelle forme de représentant du pouvoir un tant sois peu influent. Parfois même il a des bon prix a la taverne.
Autrefois il avait essayé les approches discrètes, les approches plus sobres. Mais finalement le théâtrale fessait gagner du temps.
La tempête qui sévit a l'extérieur charrie de la poussière, de la terre et de la pluie. Ce mélange opaque combiné aux vents violents rend le vol simplement impossible. Aussi, Aziraphale marche depuis maintenant 4h dans le flou des éléments déchainés, fouetté par le vent et la terre, détrempé par la pluie et sa patience avais atteint ses limites il y a environs 3h et 54 minutes. Aziraphal a les nerfs, il a froid et il a faim et n'a qu'une envie : se poser à la première taverne et se restaurer. Si la populace cille, il la saigne !!! Rien ne saurai le ralentir sans périr !!
Surpris donc, car l'intérieur des murs, est entièrement a l'abri de la tempête … et déçu puisque la populace ne cille pas. A vrai dire elle est figée.
Aziraphale rengaine donc sa grande épée flamboyante et remonte la rue en quête de la taverne de ses rêves tout en étudiant les gens qui l'entoure
Ici deux femme en pleine discutions, l'une a la tête penché en arrière, un doigt sur le menton, figée
dans la posture de la réflexion. L'autre a la bouche légèrement entrouverte sur un mot qui jamais ne franchira ses lèvres.
La une troisième qui achète au poissonnier un tas d'arêtes emballés dans du papier journal jauni
par l'age, d'une main sure, elle tend sans faiblir quelques piécettes défraîchis recouvertes de poussière.
Un Barbare Nordien de plus d'1m90 étudie avec attention l'étal du forgerons dont l'âtre est la nouvelle demeure d'une famille entière de lapins échappés de l'enclos rongé par les vers du marchand de l'autre coté de la rue, $lui même en contemplation devant l'espace qu'aurai pus occupé son client s'il ne baignait pas dans son sang, une enseigne de fer aux chaines rouillé fiché dans le crane.
Personne depuis l'arrivée d'Aziraphale n'avais fait le moindre geste, émis le moindre son … en se
retournant, il découvrirai la trace de ses pas dans l'épaisse couche de poussière ambiante.
Avisant les lapins, Aziraphale saute alors d'un geste souple par dessus l'étal du forgeron décrochant a
la volée une flèche du carquois en démonstration et embroche avec une des bestioles.
Tout en dépeçant sa prise avec son épée flamboyante, qui cuit cette dernière dans le même temps, le demi-ange continue de monter la Grand'rue en accordant de moins en moins d'attention aux corps inertes. Il cède toutefois un sourire au groupe d'enfant jouant aux aventureux tueurs d'orques avec les
cadavres de deux orques plus rigor mortis que de rigueur...
Sur le pas de la taverne, Aziraphale se retourne et contemple la Grand'rue en contrebas
« Cette ville est totalement morte, pensa-t-il, morte depuis des mois … il ne s'y passe rien !!!! »En sortant de la taverne chargé de victuailles, sa vue perçante distingue de l'autre coté de la Grand'place un nain extatique sur le pas de la porte de la caserne. Deux faciès graciles emprunt d'une surprise toute silencieuse détaillent sa courte silhouette comme si elle était sortit d'une boite à malice.
Plus tard dans l'après midi, avisant que son appétit était satisfais, il se remis debout, s'éppoussetat et pris la direction de la sortie nord, de l'autre coté de la grand place.
Car plus loin, au nord, il se rendait …
« Un bien $étrange sortilège qui scelle cette cité » songea t'il avant de s'enfoncer dans la tempête hurlante